Raphaele Kennedy


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Le désarroi amoureux

5 musiciens : Raphaële Kennedy, soprano ; Sylvie Moquet, dessus et basse de viole ; Marc Wolff, théorbe ; Yannick Varlet, clavecin ; Pierre-Adrien Charpy, orgue.

Musique italienne XVIIème

A la charnière des XVIème et XVIIème siècles la notion d'une musique équilibrante à l'image de l'harmonie des sphères est progressivement abandonnée au profit d'un art musical vecteur de l'expression des passions de l'âme humaine. De toutes ces passions, le sentiment amoureux est de très loin le centre de préoccupation majeur des poètes ; et comme il eut été inconvenant de se vanter d'un amour heureux, le désarroi amoureux est décliné sous toutes ses formes. Souvent, le champ lexical de cette poésie permet une comparaison avec les souffrances et les blessures physiques (« piaga » : plaie, « sangue » : sang…). C'est le cas dans « Amor io parto » de Caccini où la séparation temporaire des amants est telle une déchirure éternelle et dans « Io son ferito » de Bovicelli, merveilleux exemple de diminution sur un madrigal : sur la trame polyphonique héritée de la Renaissance se greffe une ornementation de la partie de soprano qui exalte les affetti. Le même principe est utilisé par Luzzaschi dans « Ch'io non t'ami cor mio » pour exprimer un désarroi non pas actuel mais projeté (c'est dans l'amour heureux que l'on envisage avec angoisse la rupture ou la lassitude de l'amant(e)).
Certes, l'amour n'est pas toujours éternel et l'amant(e) outragé(e) qui ne supporte pas l'humiliation de sa situation se laisse envahir par un désir de vengeance. L'aria di passacaglia « Cosi mi disprezzate ? » est ainsi un pur et simple avertissement nourri de cynisme. Pire encore, l'amour est parfois impossible, contrarié par la rigueur d'un père dans le poignant « Lagrime mie » de Strozzi ou plus généralement par un destin cruel dont les amants sont les victimes. Sances choisit quant à lui d'exprimer le désarroi par une chaconne enivrante. Si Monteverdi occupe dans ce programme une place prépondérante, c'est que nous voulons rendre hommage à la variété et à la richesse de son art compositionnel. Il choisit le recitar cantando pour exprimer dans le célèbre « Lamento d'Ariana » la supplication d'Ariane abandonnée par Thésée ; utilise dans « Quel sguardo sdegnosetto » tout l'arsenal de la rhétorique guerrière de l'amour ; nous offre avec « Si dolce è'l tormento » une petite perle aussi simple qu'émouvante…

Si dolce è'l tormento de C. Monteverdi

Concert Festival Musique et Mémoire 29/07/2006


 

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