Raphaele Kennedy


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Elégance et insolence à la cour de Charles IX

6 musiciens: Raphaële Kennedy, soprano ; Vincent Bouchot, ténor ; Marine Sablonnière, flûtes ; Sylvie Moquet, viole ; Julien Lucchi, sacqueboute ; Pierre-Adrien Charpy, orgue.

Elegance et insolence

De grands hommes ont incarné l’idéal de la civilisation humaniste de la Renaissance.
Sensibles à cette préoccupation, certains rois de France donnèrent leur approbation à quelques lettrés et musiciens entre autres grands esprits.
C'est le cas de Charles IX, prince instruit et cultivant les lettres, dont nous avons de jolis vers et un traité de la Chasse royale.
A son accession au trône, il fut en contact constant avec deux grandes figures intellectuelles : Pierre de Ronsard d'une part, qui occupait la place privilégiée de poète et aumônier du roi et qui, consacré dans sa gloire par la publication d'une édition collective de ses oeuvres, écrivit pour le jeune prince une Institution pour l'adolescence de Charles IX, des élégies et des poèmes de circonstances, rédigea des discours, organisa les fêtes, et prit le parti du roi et de l'église catholique lorsque les guerres de religion éclatèrent ; Guillaume Costeley d'autre part, nommé organiste ordinaire et valet de chambre du roi Charles IX.
Il fit également la connaissance de Guillaume Boni, alors actif à Toulouse, lors d'un long séjour dans cette ville. Celui-ci, impliqué dans les processions et réceptions du roi, lui fit entendre des motets de sa composition, une polyphonie à neuf voix et des sonnets de Pierre de Ronsard, toutes pièces que le jeune roi fit immédiatement copier tant il les apprécia.
Dans une préface adressée à Charles IX, Ronsard écrit pour le plus grand bonheur des musiciens : "Celui, Sire, lequel oyant un doux accord d'instruments ou la douceur de la voix naturelle ne s'en réjouit point, ne s'en émeut point et de tête en pieds n'en tressaut point, comme doucement ravi, et si ne sais comment dérobé de soi : c'est signe qu'il a l'âme tortue, vicieuse et dépravée".
Nous ne résistons alors pas au plaisir d'imaginer que Charles IX, touché par les arts, entendit peut-être aussi la musique d'Anthoine de Bertrand, dont la date de composition des Amours de P. Ronsard mis en musique à 4 parties correspond à celles de son règne ; celle de Claude Lejeune sur la poésie de Jean-Antoine de Baïf, tous deux grands représentants de la musique mesurée mise à la mode par l'Académie de Poésie et Musique à laquelle Guillaume Costeley était rattaché ; celle de Pierre Sandrin enfin, dont le même Guillaume Costeley fit probablement la connaissance à Paris.


Zibeline, Jacques Freschel, avril 2015
« (...) Le programme répartit la polyphonie entre voix et instruments, pratique courante à l'époque. C'est un répertoire d'une grande variété qui coule à l'oreille: de la superbe mélodie Je suis déshéritée de Claude Lejeune, interprétée avec une infinie suavité par Raphaële Kennedy, aux étranges chansons chromatiques ou mesurées à l'antique du même compositeur, avant-gardiste pour son temps. Mais c'est aussi Doulce mémoire de Pierre Sandrin qu'on joue à la flûte (Marine Sablonnière), à l'orgue (Pierre-Adrien Charpy). Ce sont les textes de Pierre de Ronsard qu'on goûte sur les musiques de Guillaume Boni, Costeley ou Anthoine de Bertrand. Tout un univers raffiné qui côtoie le grivois... et des textes franchement lestes! Vincent Bouchot se les met en bouche et ténorise avec un plaisir visible de renvoyer sa réplique rabelaisienne à sa soprano partenaire... tout aussi truculente! Aux voix se mêlent en harmonie la sacqueboute (Julien Lucchi) et la viole (Sylvie Moquet). Un voyage dans le temps suivi, dans la salle Musicatreize, par une belle assemblée d'amateurs et de curieux découvrant un répertoire qui reste encore à faire connaître du grand public! »

Qu'est devenu ce bel œil? de C. Lejeune
Live festival Mars en baroque 26/03/2015



Video : Raphaële Kennedy (soprano), Vincent Bouchot (ténor), Pierre-Adrien Charpy (orgue), live (Mars en baroque, Marseille)

 

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Raphaële Kennedy © 2010 • Crédits