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A nos ancêtres, à nos enfants

A nos ancêtres, visuel

Rencontre de Pierre-Adrien Charpy, compositeur et
Moussa Héma, balafoniste traditionnel du Burkina-Faso


5 musiciens : Raphaële Kennedy, soprano ; Moussa Héma, voix, n’goni, balafon ; Sylvie Moquet ou Christine Plubeau, basse de viole ; Yannick Varlet, clavecin ; Pierre-Adrien Charpy, orgue.

Musique de Monteverdi, Sances, Merula, Pierre-Adrien Charpy et Moussa Héma

Je voulais que cette rencontre avec le balafoniste burkinabé Moussa Héma atteigne une forme de joie et de jubilation à partir des profondeurs parfois troubles des êtres et de l'Histoire. Pouvions-nous ouvrir les traditions, les époques et les styles les uns aux autres, avec énergie et santé, sans compromettre leur identité?
Cette pièce est pour moi une rencontre avec l'autre, tout autant qu'avec soi-même, au plus intime.


Pierre-Adrien Charpy

A nos ancêtres, balafon

Cette très longue pièce n'en est pas une, non plus qu'elle n'est une composition à part entière: c'est une rencontre entre musiciens. Entre un compositeur d'aujourd'hui qui connaît comme peu l'histoire de la musique européenne, et un compositeur de tradition orale africaine, héritier d'une lignée également ancienne qui, pour être lointaine, n'en est pas moins savante. Entre la voix initiatique de Raphaële Kennedy, les instruments chromatiques de l'ensemble Da Pacem - la basse de viole de Sylvie Moquet, le clavecin de Yannick Varlet, l'orgue de Pierre-Adrien Charpy - et ceux, pentatoniques, de Moussa Héma: le n'goni "des hommes jeunes", le balafon en bois de vène, son chant en langue dioula qui honore le plus vivace des cultes africains, la référence aux ancêtres, la promesse aux enfants. C'est une symphonie baroque et fantasque composée sur de petites séquences répétitives avec basse obligée; qu'on les appelle chaconne, passacaille, ou ground, elles traversent les pièces baroques, les inventions composées de Pierre-Adrien Charpy et les improvisations contrôlées de Moussa Héma.

A nos ancêtres, viole

C'est un concert - au sens étymologique. Né d'ailleurs comme tel à l'occasion d'une commande du festival Musique et Mémoire à la chapelle de Ronchamp. Laquelle fut reconstruite par Le Corbusier sur une ruine naguère défendue par un bataillon de tirailleurs africains. Dès l'amorce, l'autre continent touchait au sacré universel.
Entendons-nous: quels que soient les mots employés - fusion, rencontre, rituel de partage entre l'Europe et l'Afrique -, il n'y a pas plus de balafon chez Monteverdi que de cadence chromatique au n'goni! Ce concert est une oeuvre de respect mutuel, une affaire d'accueil et de don. Pour un musicien burkinabé, le pentatonisme marque le rythme d'une semaine de cinq jours, le divertissement est une fantaisie difficilement accessible au ventre creux, la musique une transe accompagnant la naissance, le mariage et les funérailles. Pour un compositeur occidental d'aujourd'hui, préoccupé de spiritualité et de remous intérieurs, l'art ne concerne que la vie, l'amour et la mort - what else?

A nos ancêtres, clavecin

Les mélopées s'enroulent comme la feuille d'acanthe ou celle de karité, les strates enchevêtrées installent un potlatch rythmique, une négociation mélodique qui, me semble-t-il, doivent beaucoup au travail des semailles dans la terre, de l'eau qui irrigue le soleil du matin, à un chamanisme de l'imaginaire qui en appellerait à l'esprit de l'arbre, de l'animal, de nos pères et de nos fils. La matière sonore du balafon est pleine de rires et de fantômes, le souffle de l'orgue et le grain du clavecin font pleuvoir sur la danse de la fertilité, la viole chante la racine profonde et les rapides du fleuve. Selon notre degré de confiance en l'avenir, la voix de soprano plane dans un coucher de soleil sur des ruines rouges ou comme la lumière blanche de l'oiseau qui s'envole de l'arbre.
Entre l'Europe et l'Afrique d'hier à aujourd'hui, A nos ancêtres, à nos enfants est un concert de transmission, une musique à hauteur de frères humains.

Didier Lamare

A nos ancêtres, orgue


Classiquenews.com, Benito Pelegrin, mars 2011
« Respect ému aux anciens et hommage tendre aux enfants, le concert avait un titre qui était programme. Tourné vers le passé et regardant l'avenir, il faisait d'une musique ancienne et d'une musique nouvelle, les deux intemporelles, secondées d'une musique traditionnelle africaine, une magnifique harmonie en acte, actuelle, un beau présent, un superbe cadeau. Pierre-Adrien Charpy était ici au centre vital de ce concert (...). Il s'était adjoint la collaboration de Moussa Héma (...).
Concert donc aux confluences de l'Europe baroque et contemporaine et de l'Afrique éternelle, dont la cohérence apparaît très vite pour peu que l'on abandonne des frontières artificielles: le Baroque (...) est un art migratoire (...), c'est le plus grand facteur commun culturel mondial et (...) c'est un art d'accueil, qui s'adapte et adopte les modalités des lieux où il s'implante, amalgame hétérogène où l'unité ne fond ni ne confond la singularité. Et je signalerai qu'une forme musicale emblématique du Baroque (...), l'hispanique chaconne, était donnée par les Espagnols eux-mêmes comme un pur produit de l'immigration, mexicaine pour Cervantès, mâtinée ou métissée d'Afrique pour d'autres. Qui s'en étonnerait à entendre, dans la musique africaine, ces percussions obsédantes et, dans le Baroque, ces fameuses basses obstinées, ces répétitions rythmiques pénétrantes venues d'une Espagne ouverte aux quatre vents?
Parfaite illustration, entre autres, la Chaconne pentatonique de Charpy/Héma, son thème obstiné à l'orgue et balafon, frotté des traits dorés glissants de la basse de viole de Sylvie Moquet, dans une mousse argentée du clavecin de Yannick Varlet. Les deux compositeurs assuraient individuellement des transitions (Interlude, Debbaya), laissant le même sentiment d'être en terre nouvelle mais non inconnue: la musique répétitive et ses grappes de notes distillées, instillées telle une obsession. La pièce A nos ancêtres semblait s'enfouir, s'enfoncer dans des ombres de viole et d'orgue scandées comme une marche funèbre par le clavecin, tandis que Moussa semblait venir d'un infini de la nef, égrenant, avec les notes pincées du n'gouni, des mots étranges en mélopée lointaine, sorte de réponse à la soprano planant au-dessus et descendant en glissandi de miel.

A nos ancêtres, raphaele

Il revenait à la maternelle tendresse de Raphaële Kennedy de chanter aussi la partie du diptyque A nos enfants, comme, après les airs de Monteverdi, Strozzi, Sances, la merveilleuse et cruelle variation spirituelle de Merula sur la berceuse, A la nina Nina na... (...). Minutieuse douceur de cette voix ailée, frisée, friselisée de vocalises minuscules, ponctuée parfois de quelques frémissements du balafon.
C'est donc à ces retrouvailles fondamentales que nous conviaient des musiciens en rouge sombre portant la flamme, le flambeau de cette musique chaude, sensuelle, cette pulsation profonde persuasive, séduisante, ponctuée, rafraîchie par les notes, les gouttes liquides, cristallines, poétiques, du balafon virtuose de Moussa Héma. »

photos©IsabelleFrançaix


A nos ancêtres de P-A. Charpy et M. Héma
(extrait)

Concert Festival orgue et musique sacrée d'Evreux 25/09/2009
Danse de P-A. Charpy et M. Héma
(extrait)

Concert Festival orgue et musique sacrée d'Evreux 25/09/2009


 

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