Raphaele Kennedy


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Classiquenews.com, Benito Pelegrin, mars 2011
« Respect ému aux anciens et hommage tendre aux enfants, le concert avait un titre qui était programme. Tourné vers le passé et regardant l'avenir, il faisait d'une musique ancienne et d'une musique nouvelle, les deux intemporelles, secondées d'une musique traditionnelle africaine, une magnifique harmonie en acte, actuelle, un beau présent, un superbe cadeau. Pierre-Adrien Charpy était ici au centre vital de ce concert (...). Il s'était adjoint la collaboration de Moussa Héma (...).
Concert donc aux confluences de l'Europe baroque et contemporaine et de l'Afrique éternelle, dont la cohérence apparaît très vite pour peu que l'on abandonne des frontières artificielles: le Baroque (...) est un art migratoire (...), c'est le plus grand facteur commun culturel mondial et (...) c'est un art d'accueil, qui s'adapte et adopte les modalités des lieux où il s'implante, amalgame hétérogène où l'unité ne fond ni ne confond la singularité. Et je signalerai qu'une forme musicale emblématique du Baroque (...), l'hispanique chaconne, était donnée par les Espagnols eux-mêmes comme un pur produit de l'immigration, mexicaine pour Cervantès, mâtinée ou métissée d'Afrique pour d'autres. Qui s'en étonnerait à entendre, dans la musique africaine, ces percussions obsédantes et, dans le Baroque, ces fameuses basses obstinées, ces répétitions rythmiques pénétrantes venues d'une Espagne ouverte aux quatre vents?
Parfaite illustration, entre autres, la Chaconne pentatonique de Charpy/Héma, son thème obstiné à l'orgue et balafon, frotté des traits dorés glissants de la basse de viole de Sylvie Moquet, dans une mousse argentée du clavecin de Yannick Varlet. Les deux compositeurs assuraient individuellement des transitions (Interlude, Debbaya), laissant le même sentiment d'être en terre nouvelle mais non inconnue: la musique répétitive et ses grappes de notes distillées, instillées telle une obsession. La pièce A nos ancêtres semblait s'enfouir, s'enfoncer dans des ombres de viole et d'orgue scandées comme une marche funèbre par le clavecin, tandis que Moussa semblait venir d'un infini de la nef, égrenant, avec les notes pincées du n'gouni, des mots étranges en mélopée lointaine, sorte de réponse à la soprano planant au-dessus et descendant en glissandi de miel.
Il revenait à la maternelle tendresse de Raphaële Kennedy de chanter aussi la partie du diptyque A nos enfants, comme, après les airs de Monteverdi, Strozzi, Sances, la merveilleuse et cruelle variation spirituelle de Merula sur la berceuse, A la nina Nina na... (...). Minutieuse douceur de cette voix ailée, frisée, friselisée de vocalises minuscules, ponctuée parfois de quelques frémissements du balafon.
C'est donc à ces retrouvailles fondamentales que nous conviaient des musiciens en rouge sombre portant la flamme, le flambeau de cette musique chaude, sensuelle, cette pulsation profonde persuasive, séduisante, ponctuée, rafraîchie par les notes, les gouttes liquides, cristallines, poétiques, du balafon virtuose de Moussa Héma. »






 

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Raphaële Kennedy © 2010 • Crédits